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Dieu est-il un freak contrôlant? Un workaholic? Un dictateur?

Dieu est-il un freak contrôlant? Un workaholic? Un dictateur?

J’ai rencontré un bon ami la semaine dernière. Habituellement, nous partageons une vision commune de la spiritualité.  Nous reconnaissons une source de vie plus grande que nous et notre foi s’exprime de manière non-religieuse. Je crois que nous sommes connectés à un réseau d’énergies et de possibilités disponibles partout, en tout temps, tout autour de nous. Dans mon monde spirituel, je laisse Dieu être.

Mais la semaine dernière, Timothy était déconnecté de tout cela. La désillusion était devenue le principal moteur de ses pensées.  J’ai écouté sans acquiescer et assez rapidement, j’ai cessé d’essayer de le ramener à la raison, c’est-à-dire à lui-même. Il avait simplement besoin de ventiler sa déception. Timothy est en colère contre l’humanité et il retourne sa rage contre Dieu. Je sais ce que c’est, je me suis déjà sentie comme ça. L’impuissance me rend habituellement furieuse. J’ai donc écouté et pratiqué la bienveillance au mieux de mes capacités. Je lui ai posé des questions et je me suis rappelé d’être une amie avant toute chose.

Même après plusieurs jours, notre conversation me trotte dans la tête. Timothy s’est tellement senti  trompé, trahi et abandonné qu’il a décidé de nier l’existence de Dieu.  Verrouillé et chargé à bloc sur cette solution, il défendait sa position athée rigoureusement. Mais moi, je ne fléchissais pas du tout, pas même d’un iota.

Ne montez pas sur vos grands chevaux!

Si je ne fléchissais pas, ce n’est pas une question de foi, pas directement ou entièrement en tout cas. C’est plutôt une volonté de rester le plus près possible de la meilleure version de moi-même comme amie, pour notre bien-être commun, pas seulement pour le mien mais pour le nôtre. Plus facile à dire qu’à faire.

Curieusement, la fureur de Timothy vient en partie de la procrastination spirituelle d’une autre amie. Lisa pratique le “Lâche prise, laisse Dieu agir”  aux limites de la folie. Elle en devient même une sorte d’extrémiste. Elle s’attend à ce que Dieu résolve ses problèmes. Selon elle, quoi qu’il arrive, il s’agit de la réponse de Dieu.  Cette interprétation de la foi est une tendance répandue dans la foire spirituelle que nous traversons. Je crois que c’est dangereux, insidieux et alarmant.

Pourquoi est-ce une tendance dangereuse et insidieuse?

Entre autres choses, parce que cette tendance cultive la peur de prendre de mauvaises décisions. Puis, elle transforme cette peur en une étrange foi paresseuse. Le genre de foi aveugle qui aboutit à une docilité consentante à presque n’importe quoi … si c’est la volonté de Dieu. Voyez-vous ce que je vois ici?

Deuxièmement, cette interprétation est dangereuse car elle prétend à une connaissance et une compréhension de la volonté de Dieu. Par conséquent, elle implique aussi qu’il y a une bonne foi, une bonne spiritualité, un bon style de vie, une bonne religion et un bon Dieu. Et ce Dieu que l’on croit comprendre, est placé au-dessus de tous les autres dieux. Ça ne peut pas être plus alarmant et inquiétant que ça.

La vitesse de Dieu ou quoi?

Il s’agit d’une logique refermée sur elle-même, comme une quadrature, un cercle dans un carré ou un carré dans un cercle… Il est pratiquement impossible d’avoir une conversation simple sur les défis de la vie, sur l’humanité ou sur la foi avec une personne verrouillée sur cette idée. Pourquoi donc?

Eh bien, selon cette logique, c’est toujours soit la volonté de Dieu ou le temps d’attendre la volonté de Dieu, ou encore le temps de laisser Dieu agir… Vous connaissez les expressions Dieu n’est jamais en retard ou encore à la vitesse de Dieu? Il ne reste rien d’autres à préciser, à discuter ou à comprendre. Tout est déjà pensé et peut-être même non-pensé, fatalement. Dans un tel système de croyance, tout le monde se sent impuissant comme une mouche prisonnière sous un verre tourné à l’envers sur la table.

En me basant sur mon expérience personnelle, l’impuissance n’est ni la foi, ni l’humilité. L’impuissance est douloureuse à l’os. Elle exploite la honte, les ressentiments et de manière très spécifique, la victimisation. Elle cultive la colère et pas vraiment notre responsabilité. Je suppose que cela pourrait expliquer comment tant de querelles religieuses ou spirituelles sont devenues hors de contrôle et pourquoi nous devons rester ouverts et vigilants.

Dieu n’est pas l’un de nous.

Après cette conversation difficile à propos de Dieu, de la bêtise humaine et de la religion, Timothy et moi sommes restés des amis. Nous avons passé le test. Cela aurait pu bien mal se passer.  Mais, nous sommes chanceux, ma puissance supérieure et son non-dieu ne se soucient pas d’avoir le monopole de la vérité. Nous nous soucions l’un de l’autre. Nous aimons la paix et la non-violence.