Osez Rêver. Osez Changer votre Monde.

Fabuleuse 1.1

Fabuleuse 1.1

Dans la boîte du scénario Prise 5

SNOOZE! Je ne suis pas brisée. Je ne suis pas défectueuse. Je n’ai pas besoin d’être sauvée par une grenouille ou un prince charmé. Même si je mène une vie tracée en ligne droite, sans décider réellement, ça ne fait pas de moi une victime. Ça s’explique mal, c’est tout. Je me dis que je flâne dans mon lit, ça me paraît plus fonctionnel. En fait, je me sens vidée de sens,  désorientée et lourde de non-sens, de contradictions, de paradoxes, de fausses vérités.

Voilà ce qui se passe : ça change d’idée. Je dérange, je me dérange, ça dérange.  Ça déplace le champ de vision. Je suis paralysée au fond de mon lit. L’inertie me berce. Le plafond m’inspire, j’ai envie de rester là. Je veux attendre que d’autre chose se manifeste, mais pas n’importe quoi, ni à n’importe quel prix. Récapitulons.

N’importe quoi je connais, c’est ce qui se referme en étau sur mon cœur, n’importe quoi se résume à une existence par laquelle je m’absente. N’importe quoi est devenu le syndrome de peu m’importe. Poussée par le vent, par les événements, petit-à-petit j’ai rejeté la responsabilité de mes désirs. J’ai répété inlassablement que tout était parfait, que tout se déroulait incontestablement tel que convenu selon les astres, les dieux, l’univers ou la grande physique quantique.

L’ordre de toutes choses. Le Statu Quo. Ce concept néo-fataliste pseudo spirituel m’exclut de la grande équation universelle. J’y suis neutralisée. En m’abandonnant à cette idée, je me suis laissée tomber. Je me disais que tout comme un oiseau migrateur, je pouvais me laisser guider par les courants magnétiques de la planète. Mais voilà, je ne suis pas un oiseau migrateur, c’est un mensonge auquel je ne crois plus.

J’ai cessé de rêver par peur de m’éveiller dans une peau toute neuve, tatouée d’appétits pour la vie. Ce matin, j’ai soif de lumière, de temps, de sourires, d’éclats de rires, de têtes dépeignées, de pieds nus; j’ai envie de longs soupirs de joie, de larmes d’extase, de jeux, de vélos, de menues victoires quotidiennes. De tendresse. De proximité. D’intimité. D’amitiés

Snooze! Une vie fabuleuse se dessine devant mes yeux grands ouverts.  Je peux recommencer à croire qu’il est possible de jouir de la vie…

Merde! Je suis en retard. Je saute du lit, je crie du haut de l’escalier :

– Mari! Époux chéri! Peux-tu aller mener les enfants à l’école? Oui, je sais, la 2e fois cette semaine…oui, à ce soir ? N’oublies pas le soccer ce soir…18h00, parc des Fauvettes…oui c’est ça!  Je vous y retrouve!

Je glisse sur mon lit comme un joueur de Baseball qui vole un but.  J’atterris devant le placard; je cherche des yeux la couleur du jour…Fabuleuse!