Le Scénario: La doublure.

la doublure
Je ne me souviens pas exactement comment c’est arrivé. C’était une période nébuleuse dont il me reste peu de détails. Mais je sais comment je me sentais juste avant que tout change. Je dis tout parce que j’ai congédié la doublure que je portais comme une deuxième peau depuis le début de ma première vie.

Ça remonte à ma naissance, j’étais si minuscule que j’ai vécu dans un incubateur. On raconte qu’au bout d’un certain temps, cette petite nourrissonne fragile manquait de quelque chose et qu’elle rétrécissait au lieu d’agrandir. Alors, ils l’ont sortie de son cocon de verre et l’ont remise à ces procréateurs en souhaitant que quelque chose se produise. Il paraît que la nourrissonne ne dormait pas beaucoup, qu’elle avait très faim, très souvent. En fait, la légende suppose qu’elle se savait atteinte de rétrécissement. Certains racontent même qu’on croyait qu’elle allait disparaître à tout moment.

La petite nourrissonne avait entendu dire qu’il lui fallait devenir un bébé pour éviter de retourner dans le cocon de verre. Elle s’était mise à la tâche de s’agrandir avant toute chose et surtout, sans perdre une minute.  En tant que petite nourrissonne qui s’apetissait, devenir un bébé était tout de même un boulot colossal. Il y avait toute une série de règles à respecter pour obtenir la certification bébé, comme par exemple :


Dormir beaucoup plus. Se nourrir moins souvent mais plus goulûment.
Adopter un style beaucoup plus joufflu et potelé.


Elle avait du pain sur la planche! Il lui fallait une doublure, c’était la seule solution. Pour l’époque, c’était un coup de génie : Une autre tiendrait le rôle de bébé en attendant. Ainsi cachée sous la doublure, personne ne la verrait jamais, enfin presque personne. Elle pourrait patiemment attendre que quelque chose se produise.

C’était sa toute première leçon de survie :

 

Résolution 0. Fabuleuse 1

Résolution 0. Fabuleuse 1

Résolution 0. Fabuleuse 1.

C’est toujours la fin de quelque chose; la fin de l’année civile, la fin de l’année fiscale, la fin de l’année scolaire, il y a des fins à longueur d’année. La multitude de fins influence mon état d’esprit, je recommence sans arrêt quelque chose… ou pas. Une fin, une rentrée, une fin, une rentrée…Chaque fin me donne l’impression de me renouveler, de me reconstruire à neuf, autre chose, comme si c’était de la nouveauté.

Par exemple, on nous annonce la fin de l’année scolaire en avril, la rentrée nous pend au nez fin juillet, les déguisements de l’halloween débarquent mi septembre et signalent la fin de la rentrée scolaire. Les liquidations de fin de saison, les ventes d’inventaire et les augmentations de tarifs annuels proclament la fin de l’année. On fait table rase et on recommence avec la dinde, les atocas, les tourtières, les gâteaux, les bûches. Pendant la saison des résolutions, tout est permis.

-Ça sonne !!!! Va répondre ! J’ai les mains dans la vaisselle.
-Oui attends, il reste deux minutes avant la fin du match.
-Ça soooooonnnnnnnnneeeeeeee !
-Han?

Je respire, j’expire, j’inspire, je ne suis pas dans un ring de boxe, non, je suis l’irrésistible bru charmante et irréprochable qui ouvre la porte d’un calme pittoresque, toujours souriante.

-AH! Bonjour, venez dire bonjour à mamie les enfants. Mais oui mais oui, vous allez bien ? Entrez entrez! Il est à la télévision. Au sous-sol. Bien sûr allez le rejoindre, ça me fait plaisir.

Bon, qu’est-ce que je pensais déjà…j’ai perdu le fil.
Ah oui, je sais comment je suis devenue un personnage secondaire dans mon scénario complexe. J’hiberne, j’hiverne, j’hiberne j’hiverne. Je suis une marmotte sans printemps.

Notre épilogue n’arrête jamais de finir… peut-être que je devrais écrire un nouveau scénario au lieu de vouloir écrire une nouvelle scène avec lui. Dans mon histoire je suis fabuleuse, dans son scénario je suis une marmotte.

J’ai toujours préféré continuer, je déteste les résolutions….oui je continue mon histoire fabuleuse, j’écris un nouveau scénario,  je jette les brouillons ?   J’ouvre un nouveau chapitre,  je jette les brouillons… je…

  • Allo, comment vas-tu ? Oui, non, je ne fais pas de révolution….non…de résolutions je veux dire, je préfère continuer. Et toi? Tu te remets au gym?
Insomnie – Fabuleuse 1.2v3

Insomnie – Fabuleuse 1.2v3

Je me promène dans une insomnie.

Il est là. Il dort. Il est celui qu’il est ; il fait semblant qu’il est le même, fidèle à celui que j’ai rencontré. Le même un peu vieilli, le même un peu fripé, il est encore là sans moi. Je ne dors pas.

Son bras est trop lourd autour de ma taille mais je ne bouge pas. J’espère peut-être qu’une légèreté de l’être se produira par inadvertance. J’ai envie de le pousser en bas du lit pour retrouver de l’insouciance perdue. Un geste de défiance pour narguer l’inertie de notre vie.

Je rêve éveillée. Dans le presque silence de la nuit, j’attends  ma propre voix, c’est plus facile qu’en plein jour. Ça délire, je devrais essayer de dormir mais je reste aux aguets.

Il ne comprend pas. Il ne comprendra pas. Il ne voit pas le couple, le partenaire ni le complice qu’il pourrait être. Il perçoit tout ce qu’il pourrait perdre. Il refuse de se perdre, de perdre pied, de ne pas savoir. Il a peur de perdre ce qu’il n’a pas encore, il tient à conserver à tout prix ce qu’il n’a jamais eu. Les apparences sont trompeuses.

Le statu quo est cette zone où rien ne se perd, rien ne se gagne. C’est un concept d’équilibre nihiliste, un lieu d’impuissance victorieuse qui prend tout et ne donne rien. C’est un possible ailleurs, pour les autres, par les autres avec les autres. Comme une série télévisée, un match de football, une routine qui se déroule comme la programmation d’un canal spécialisé.

Ce soir, il est rentré comme d’habitude, les yeux baissés comme un enfant barbouillé de honte, il se refait tous les soirs le même rituel, il pose les mêmes gestes, dans le même ordre, il fait sa part en attendant quelque chose qui ne vient pas. Lui.

Je t’ai recueilli comme un petit garçon aggripé à la cuisse de sa mère, c’était charmant, ça laissait croire que tu savais être vulnérable, j’aimais l’idée que tu avais le cœur tendre. Tu riais fort, toujours plus fort que les autres. Tu amusais les enfants, tu faisais le clown, tu aimais bien nous donner en spectacle. Je te trouvais charmant et bon prince.

Je me sentais divertie.

C’est fou tout ce que je m’autorise à penser quand je suis seule malgré lui. Trois heures du matin, je devrais m’endormir bientôt, je ferme les yeux, je me tourne sur le dos, j’inspire j’expire, j’essaie de le pousser de l’autre côté du lit, il est lourd, je vais le réveiller si ça continue…

Ça y est, il s’est retourné. Je pense à demain. Demain c’est toujours après le dodo de la nuit. En fait, demain c’est aussi maintenant en pleine nuit. Demain ça se termine quand j’enfile mes talons, que je m’élance dans une robe fabuleuse, que je trottine jusqu’à la cuisine. Demain devient aujourd’hui quand je me maquille. Aujourd’hui, c’est les enfants qui traînent des pieds le matin, c’est le bol de céréale renversé sur la table, c’est une copine qui me texte avant le premier café de la journée.

Demain existe seulement comme un espoir échu. Je n’en peux plus d’attendre, je me lève. Il est 5h30.

Les médecins parleraient d’une insomnie, je préfère parler de retraite nocturne. Jus de fruits frais, multi-minéraux, antioxydants, vitamine D. J’ai préparé un petit butin de graines de citrouille, de lin et de sésame mélangées avec des canneberges séchées, des cachous et des amandes.

– Tu existais avant lui.
– Oui je sais.

J’aperçois le reflet de mon visage déformé sur les contours miroirs de la machine à café. Double espresso, lait moussé et un soupçon de sucre de canne. Voilà demain n’a qu’à bien se tenir c’est aujourd’hui que ça commence !

L’estime de quoi  ? –  Le scénario

L’estime de quoi ? – Le scénario

Changer l’estime de quoi ? – Fabuleuse 1.2v2

Maintenant je n’ai pas envie de rentrer à la maison, j’ai mal au coude, je veux m’asseoir dans un 5 à 7, jouer la divine improbable, sentir un regard furtif se détacher de mon dos. Je n’ai pas envie de passer les chercher au service de garde, pas envie de leur donner le support inconditionnel de la Mère Toute Maman, pas envie. Je ne veux pas travailler demain, je ne veux pas me lever non plus, je ne veux plus marcher dans mes souliers.

La voiture derrière est tellement proche que je peux voir les poils de nez du conducteur. Et si je freinais distraitement, juste pour mettre un peu de piquant d’étincelles dans l’hypnotique couloir du métro-boulot-peu de dodo. Et si je m’énervais pour quelque chose d’inutile ça serait distrayant ! Ça changerait mon humeur !  Si j’étais moins patiente, accueillante, moins tolérante, moins parfaite et, si je m’en foutais un peu plus souvent ?

Il se fouille dans le nez en m’envoyant un petit coup de klaxon, il se croit invisible ma foi. Je lui concocte un regard souriant dans le rétroviseur, du geste de la main je lui demande de garder un peu plus de distance entre sa rutilante de l’année et mon bolide démodé. Il me fait signe d’avancer, je lui offre des mouchoirs. Le moteur tourne, mon bolide est au neutre, j’attends, je laisse l’espace se créer. La voiture en avant de moi a repris de l’avance. Je pourrais sortir de la voiture faire un scandale, lui offrir des mouchoirs en personne, faire une scène digne des faits divers de la fin du téléjournal.

Je passe en première, je roule doucement et je laisse Gros Poil de Nez s’énerver. Je change l’angle de mon rétroviseur, ses phares antibrouillards ne m’aveuglent plus. Il peut se fouiller dans le nez tant qu’il veut ! Aujourd’hui, ce serait le jour de l’épicerie avec ces longues allées de produits cancérigènes aux couleurs attrayantes et menteuses. Dommage que les agents de préservation n’empêchent pas notre peau de rider. Tiens, je n’ai pas fait de liste, je ne fais pas souvent de liste mais chaque fois que je me fais la remarque, je m’estime désorganisée.

J’ai envie d’arrêter de m’empoisonner mais tout le monde dit que le biologique est inabordable. Pourtant si j’avais à choisir entre une automobile de l’année comme celle de Gros Poil de Nez ou de manger mieux, mon choix est facile. Les enfants seraient peut-être moins exténuants, moins de sucre, meilleure digestion, moins stressés, moins hyperactifs ; je devrais commencer un de ces quatre.

Je n’ai pas envie de faire le lavage, de trier le linge, de plier des vêtements, de les serrer, de repasser ceci cela; je n’ai absolument pas envie de cuisiner, de faire la vaisselle, de balayer la cuisine après le repas. Je n’ai ni envie de dire oui, encore moins de dire non.

J’ai envie d’avoir un prénom personnel. Je veux sortir de l’anonymat  impersonnel du prénom: Maman. Je me sens comme un antibiotique générique, une copie efficace et accessible. Je me sens comme un stéréotype délavé sur une publicité des années cinquante.

J’estime que la loupe grossissante de mes pensées colorent ma réalité de laideur extrême. Je sais que c’est un effet secondaire de quelque chose:

  1. POP psychologie :  d’un manque d’estime temporaire ?
  2. Psychanalyse 101:  distorsion de l’amour maternel ?
  3. Behaviorisme 101:  croyance d’inadéquation construite à partir d’un environnement hostile de développement
  4. Changer l’estime de quoi ?

J’ai besoin de me sentir fabuleuse dans cette vie aussi. Je me demande comment je peux tout changer sans tout casser. Un coup d’œil dans le rétroviseur et je me dis à voix haute:

  • Pour changer ta vie il faut réellement que tu choisisses la vie que tu mènes.

Réellement ! Choisir, c’est décider, décider c’est agir. Agir réellement c’est quoi au juste. ! On agit ou on n’agit pas, non ?

  • Réellement comme dans la réalité petite sœur, comme y rêver, y croire, décider, changer d’idée et agir.

Petite sœur ! Je me souris. On deviendra peut-être des amies après tout. J’arrive au service de garde.  Des enfants grimpent dans les sièges sécuritaires, il ne manque que les casques obligatoires pour en faire des copilotes de Formule 2000. D’autres  ressemblent à des cerfs-volants derrière leurs parents stressés qui traînent leurs petits trésors à grand pas de temps perdu.

Je me demande quel est mon style de cueillette et livraison. Mais en m’observant je vais fort probablement vouloir faire mieux pour avoir une meilleure note. Oui c’est vrai, une meilleure note mais dans mon style. C’est peut-être pas une si mauvaise idée que ça finalement. Allez Hop ! Hop!  c’est reparti pour un tour de piste!

Fabuleuse 1.2

Fabuleuse 1.2

Dans la boîte du scénario Prise 6

Clac ! Clac ! Clac ! Clac !

Je suis seule dans le couloir ! Un petit pas de flamenco sur le parquet. Je me sens fabuleuse !

Clac ! Clac ! PaclacClac ! Clac ! Paclac ! Pacclac ! Clac ! Clac ! Clac ! clac !

 

-Bon matin Madame, 4 fausses urgences et un rendez-vous dans la salle de conférence.

Il me regarde en souriant calmement. Il me regarde dans les yeux, je le regarde dans les yeux, on se voit. Henri est probablement le meilleur adjoint que je n’aie jamais eu et de loin le plus audacieux du bureau. Il est brave, intelligent, sensible, courtois mais direct, efficace. Le jour de son entrevue, il portait un jeans troué de marque, une chemise style fripé, ses cheveux mi courts avaient l’air long et de longues mèches ébouriffées lui façonnaient un visage de rebelle angélique. Ses yeux souriaient tout naturellement, il m’a raconté son dernier voyage, la peine d’amour et ses études inachevées, je l’ai embauché pour tout ça

-Merci Henri ! Bien dormi ? Je suis passée chez Marco, je t’ai apporté un espresso, des fruits du marché, fromages de chèvres et jambon blanc, tomates et basilic pour le lunch ! Pas mal han ? C’est à ton tour de préparer les assiettes ce midi ! À tout à l’heure !

En marchant, je pense à mon mari qui baisse les yeux quand je lui parle, qui détourne le regard quand je lui pose une question et qui regarde ailleurs pour me cacher sa pensée. Il me regarde rarement dans les yeux. La chaleur humaine, la tendresse, l’intimité, les petits plaisirs de la vie ne font pas partie de son registre. Ce n’est pas sa force. Je souris en me disant que nous vivons peut-être un genre d’autisme conjugal. La Fouine pense que je lui souris, elle en profite pour me demander quelque chose. Je baisse les yeux,  j’accélère, je détourne mon regard vers l’entrée de mon aquarium et d’un coup de hanche discret je me donne un petit élan, je pivote sur la plante de mon pied et… la porte est fermée !

Au ralenti…

Le bruit sourd de mon corps rebondissant vers l’arrière, mon regard se fixe sur la tasse de café presque pleine que je suis résolue à sauver. Je tends mon bras vers l’avant, je sens du café chaud sur mon sein gauche, mon coude crie Touch Down ! La tasse est encore à moitié pleine, tout n’est pas perdu. La Fouine sur mes traces me regarde d’en haut, son visage crispé retient toutes formes de sons, elle est victime d’un fou rire légendaire et incontrôlable. Nos yeux se croisent…inutile de résister, nous en pleurons de rire, Henri nous demande des explications et nous sommes déjà trois ! Il n’est pas encore 10h00. C’est l’effet fabuleuse.

Fabuleuse 1.1

Fabuleuse 1.1

Dans la boîte du scénario Prise 5

SNOOZE! Je ne suis pas brisée. Je ne suis pas défectueuse. Je n’ai pas besoin d’être sauvée par une grenouille ou un prince charmé. Même si je mène une vie tracée en ligne droite, sans décider réellement, ça ne fait pas de moi une victime. Ça s’explique mal, c’est tout. Je me dis que je flâne dans mon lit, ça me paraît plus fonctionnel. En fait, je me sens vidée de sens,  désorientée et lourde de non-sens, de contradictions, de paradoxes, de fausses vérités.

Voilà ce qui se passe : ça change d’idée. Je dérange, je me dérange, ça dérange.  Ça déplace le champ de vision. Je suis paralysée au fond de mon lit. L’inertie me berce. Le plafond m’inspire, j’ai envie de rester là. Je veux attendre que d’autre chose se manifeste, mais pas n’importe quoi, ni à n’importe quel prix. Récapitulons.

N’importe quoi je connais, c’est ce qui se referme en étau sur mon cœur, n’importe quoi se résume à une existence par laquelle je m’absente. N’importe quoi est devenu le syndrome de peu m’importe. Poussée par le vent, par les événements, petit-à-petit j’ai rejeté la responsabilité de mes désirs. J’ai répété inlassablement que tout était parfait, que tout se déroulait incontestablement tel que convenu selon les astres, les dieux, l’univers ou la grande physique quantique.

L’ordre de toutes choses. Le Statu Quo. Ce concept néo-fataliste pseudo spirituel m’exclut de la grande équation universelle. J’y suis neutralisée. En m’abandonnant à cette idée, je me suis laissée tomber. Je me disais que tout comme un oiseau migrateur, je pouvais me laisser guider par les courants magnétiques de la planète. Mais voilà, je ne suis pas un oiseau migrateur, c’est un mensonge auquel je ne crois plus.

J’ai cessé de rêver par peur de m’éveiller dans une peau toute neuve, tatouée d’appétits pour la vie. Ce matin, j’ai soif de lumière, de temps, de sourires, d’éclats de rires, de têtes dépeignées, de pieds nus; j’ai envie de longs soupirs de joie, de larmes d’extase, de jeux, de vélos, de menues victoires quotidiennes. De tendresse. De proximité. D’intimité. D’amitiés

Snooze! Une vie fabuleuse se dessine devant mes yeux grands ouverts.  Je peux recommencer à croire qu’il est possible de jouir de la vie…

Merde! Je suis en retard. Je saute du lit, je crie du haut de l’escalier :

– Mari! Époux chéri! Peux-tu aller mener les enfants à l’école? Oui, je sais, la 2e fois cette semaine…oui, à ce soir ? N’oublies pas le soccer ce soir…18h00, parc des Fauvettes…oui c’est ça!  Je vous y retrouve!

Je glisse sur mon lit comme un joueur de Baseball qui vole un but.  J’atterris devant le placard; je cherche des yeux la couleur du jour…Fabuleuse!