Hier, mon amie est tombée en panne d’amour. En regardant sa vie, elle s’est sentie étourdie et seule. C’est un peu normal, en panne d’amour on se sent figé dans le temps et dans l’espace. C’est comme un vertige. Que l’on regarde vers le haut ou vers le bas, ça paralyse notre vision des choses.  Ça fait des trous noirs et c’est troublant.1

Plus souvent qu’autrement, ce vortex aspire nos désirs spontanés dans un tourbillon d’émotions interdites. Notre quotidien vacille, notre passé refait surface, nous sommes en déséquilibre. Le plancher devient bancal. Dans cet état d’esprit, lâcher-prise, se laisser aller ou s’abandonner au flot de la vie est impossible.

On entend plus souvent parler du manque d’estime de soi. Mais en fait je sais qu’un manque de foi, de confiance et/ou d’estime est une panne d’amour. Pour en revenir à mon amie, peu importe ce qui se présente dans sa vie, elle se méfie. Elle vit sous le joug d’un doute camouflé en peur de tomber, de se blesser et de ne jamais savoir s’en relever une autre fois. Ce n’est pas rien. Elle y croit malgré elle. C’est un mécanisme de résilience. Elle s’agrippe à cette croyance parce que ses propres soupçons de défaillance semblent réels et conformes aux circonstances connues de sa vie. Elle se confirme ni plus ni moins qu’elle a raison d’avoir peur de ne jamais être à l’hauteur.

Le hic, c’est que ce genre de doute n’est pas raisonnable. Dans ce scénario loufoque, le bénéfice du doute est inexistant, nous sommes déjà condamnés. Chaque nouvelle comparution au tribunal n’est qu’une formalité. On se mesure aux autres à partir de nos défaites passées, on se compare, on pèse et soupèse les risques de se laisser voir. On s’évalue et on se juge secrètement à partir de critères comme la peur de ne jamais être à la hauteur de l’amour, de nos rêves ou encore du possible tout simplement. Évidemment la sentence est connue: enfermement et solitude dans la foule comme sous la douche.lestime de soi

Quand il faut mériter sa propre liberté, que nous tenons à la fois les rôles de procureur, de bourreau, de juge et de jury et que personne ne se présente à la barre de la défense: L’estime de soi devient un vertige de l’être.

J’ai promis à mon amie qu’on se parlerait scénario cette semaine. Comment transformer la peur en initiatives lumineuses. Ça demande de la pratique et un désir définitif de ressentir ce qui se trame quand un scénario prend le relais. En attendant, je vous souhaite le rêve que vous avez dessiné dans votre journée, l’amour au cœur pour vibrer, la vision dans l’âme pour la quête.

Osez,

1. Paraphrasé d’un texte de Alana Filippi.

[Tweet « L’ouverture d’esprit, c’est choisir de se laisser porter par autre chose que la peur. »]